Aller au contenu principal

Colloque RUNED

Colloque
En cours

La numérisation de l’éducation et de la formation s’apparente à des transformations des possibles et du quotidien pour toutes et tous. Elle désigne l’ensemble des choix et influences alors opérationnalisés à l’aide de technologie numérique, ayant des impacts sur le quotidien de chaque partenaire de l’enseignement et l’apprentissage, modifiant les pratiques, le rapport au savoir ou encore les rôles et les temporalités. La numérisation génère ainsi des opportunités que les individus peuvent saisir en développant notamment des connaissances et des compétences, tout en soulevant des contraintes additionnelles qui modifient les libertés individuelles et collectives.

Pensons par exemple, dans cette tension entre opportunités et contraintes :

  • au Web et à l’accès à l’information
  • aux outils pluriels pour enrichir l’environnement personnel d’apprentissage,
  • à la motivation stimulée par la gamification
  • aux fonctionnalités nouvelles et aux affordances mettant la technique au service de l’humain
  • à la personnalisation permise par les algorithmes, pour améliorer l'expérience d'apprentissage
  • aux IA génératives qui permettent d’envisager des ressources éducatives diversifiées et une cognition distribuée
  • ...
  • à l’exigence renouvelée d'une littératie multimodale
  • aux iniquités de traitement par l’accès aux outils, à l’illectronisme et à la diversité dans le capital numérique
  • aux rapports sociaux de sexe documentés lors de recours à la gamification
  • aux logiques technocapitalistes mettant l’humain au service de la technique, ou la technique comme médium de concentration des pouvoirs
  • à l’hétérorégulation algorithmique et au risque de négligence du projet commun de formation
  • à la délégation cognitive ou la paresse métacognitive que les interfaces des IA permettent
  • ...

Ainsi, chaque processus de numérisation gagne à être pensé avec nuances (Lessig, 1999), particulièrement dans un contexte d’apprentissage où le développement des individus implique la prise en compte de leurs singularités, de leurs interactions avec les artefacts, des cadres sociotechniques, etc. Si « le numérique » est un choc des cultures, à l’instar des oppositions entre solutions libres et solutions propriétaires, quelles cultures numériques sont valorisées, tolérées ou marginalisées dans les contextes scolaires et universitaires ?

Sous-jacents à cette réflexion, les concepts de capabilité (Sen, 1992 ; Flipo, 2005 ; Nussbaum, 2011 ;  Fernagu, 2023), d’émancipation (Terragoni, 2021), d’agentivité (Jézégou, 2014 ; Collin, et al., 2023) ou encore d’environnements capacitants (Savarieau, 2017 ; Martin, 2024) émergent pour interroger la finalité et les effets de la numérisation de l’éducation et de la formation. Ces cadres invitent à dépasser la question de l’accès technique pour considérer la manière dont les individus et les organisations peuvent effectivement s’approprier les outils, les détourner, les questionner, et ainsi développer leur pouvoir d’agir. Dans cette perspective, il devient nécessaire de se demander comment les choix de numérisation opérés ouvrent le champ des possibles et restreignent les marges de manœuvre, en imposant ou valorisant des usages, des normes, des formats… Comment la latitude effective à disposition des individus et des organisations pour opérer des choix dans leurs usages sont-elles modifiées par la numérisation et les décisions d’infrastructures numériques ? 

Évènements

Passés

1 & 3 juin 2026

à
Séminaire

Colloque RUNED2026

Capabilités numérique

Présentiel